Cambodge, cambodgiennes, ONG...

Cambodge, cambodgiennes, ONG...

Le Cambodge... les cambodgiennes... les ONG, les dénonciateurs, les délateurs, ceux qui voudraient voir triompher, de la justice, la seule idée qu'ils s'en font...
Un jour, lors d'une interview, un journaliste confia à une bénévole :
« Ces filles se prostituent pour manger »
A quoi la femelle répondit du tac au tac :
« Mais je préfère qu'elles aient faim plutôt qu'elles se prostituent ! »
Sans commentaire...
qu'une fille vende son intimité à 13 000 km du 4 pièces cuisine salle de bain troisième étage avec ascenseur de notre bénévole au grand c½ur, en quoi cela regarde-t-il cette vieille donneuse de leçons sensée porter secours aux nécessiteux et nécessiteuses de la planète ?

La conception orientale du sexe échappe à un esprit occidental. Kipling disait, de façon très générale « L'orient et l'occident ne se rencontreront jamais ».
Mais si. On peut se rencontrer. S'accepter. S'enrichir de nos différences. Si le bon Dieu a fait des filles si peu semblables des garçons, c'est pas pour qu'on leur donne des coups de bâton. C'est pour apprendre à voir plus large, plus grand, plus loin. Faut pas arriver ici au Cambodge en terrain conquis au cri de « tenez bon, peuple barbare, j'arrive, je vais vous montrer ! »
Savoir rester humble en face des gens pauvres, non instruits, car nés ici, tout simplement...

Mais au fait, qu'en pensent les cambodgiennes ? Car ce sont bien les principales concernées, puisque ce chapitre leur est consacré.
Préfèrent-elles souffrir de la faim ou de relations sexuelles rétribuées et non obligatoires ?

Loin de moi l'idée de fustiger les ONG dont le travail sur place, au Cambodge, est souvent admirable. Loin de moi la pensée de dire du mal de ces jeunes gens que j'ai souvent croisés dans les bas fonds de Pnom Penh, et dont je partage les goûts. Eux aussi aiment les cambodgiennes et les aident directement à subvenir à leurs besoins immédiats.

Bien sur, par chez nous, la prostitution est tout à fait odieuse : filles obligées, passeports confisqués, drogue addictives, séquestration, baffes et même pire... bois de Boulogne, nationale 7, rue saint Denis, hôtels de passe sordides sales et chers, banquette arrière, rondes de police, amendes, garde à vue, vexation volontaire etc.
Elle est beaucoup plus joyeuse en Asie. Plus naturelle. C'est notre religion qui a fait du sexe un péché.

Parlons du Cambodge. Qui se souvient de Pol Pot ? Qui se souvient des 3 millions de morts entre 1975 et 1979 ? Il y avait 6 millions de cambodgiens, il y en eut 2 fois moins... Pol Pot voulait qu'il n'en reste qu'un. Un million. Il pensait que c'était suffisant pour cultiver le riz. Chronique d'un génocide annoncé...
Et aujourd'hui ? Savez-vous que l'on parle plus du génocide arménien de 1915 qui fit pourtant moins de victimes *?


Pendant plus de 4 ans, des Khmers ont torturé des Khmers. Aujourd'hui il reste le souvenir et la peur. Et la misère. Des gens ont souffert. La souffrance perdure chez les survivants. Chez ceux qui sont nés après. Ils en ont entendu parle, c'est pire : l'ombre de la torture est pire que la torture. (L'ombre de la souffrance ?)
Tous les cambodgiens de plus de 30 ans ont connu les khmers rouges, marqués au fer rouge, à jamais, la peur au ventre jusqu'à leur dernier souffle, peur de parler, peur de penser, peur du voisin...

Alors, on dit a l'aînée d'aller gagner de quoi manger, elle y va, elle s'en fout, l'aînée, de son sexe, il n'est pas tabou, il n'est pas honteux, il n'est pas honteux non plus de s'en servir, d'autant moins que c'est pour une bonne cause, pour la famille ! Elle pourrait avoir honte de s'en servir gratuitement pour son propre plaisir, mais ce n'est pas le cas. Même s'il lui arrive de concilier l'utile a l'agréable.

Elle n'ira pas se confesser “mon père j'ai fait 18 fois l'amour cette semaine” car elle n'a pas péché. Elle aurait pu aller travailler au marché, vendre des légumes ou des ombrelles pour les touristes. Elle aurait gagne dix fois moins en travaillant beaucoup plus. Elle n'aurait pas eu d'autres états d'âme. Un métier en vaut un autre. Travailler debout ou couchée, c'est toujours travailler... jamais marrant de gagner sa vie...

Lorsqu'elle est allongée, la cambodgienne, pense-t-elle à son père que l'on a allonge sur un lit en fer en lui branchant des électrodes aux balloches pendant qu'un tortionnaire pédalait en se moquant des cris de douleur de son compatriote et coreligionnaire ? Cela n'est pas sûr. Encore que... les savants parlent de mémoire morphogénétique, on se souviendrait de choses que l'on n'a pas connues. Des cris qui se propagent dans le silence de la nuit, dans le silence du vide... qui passent de génération en génération... les foyalais se souviennent de l'esclavage, les juifs de la shoah, heureusement, les premiers chrétiens ont oublie les arènes et les lions... il faut 2000 ans pour oublier.


« Je préfère qu'elles aient faim plutôt qu'elles se prostituent ».

Que connais-tu de la faim, de la prostitution et du Cambodge, toi la sorcière ? Reste dans ta cuisine à lustrer tes casseroles en cuivre, laisse la vie faire son ½uvre... es-tu allée au Groenland pour sauver les bébés phoques ? Non... il faisait trop froid...
Es-tu allée au Cambodge sous Pol Pot ? Non ! Il faisait trop chaud.
As-tu déjà eu faim ? Non. Bourdaloue une fois par semaine, je ne saurais m'en passer. Avec l'argent des donations. Oui mais je travaille bénévolement. Je défends ces pauvres malheureuses contre des prédateurs qui abusent d'elles. « je suis une femme honnête, moi »


* 1 200 000 victimes, quand même... c'est pas rien ! Mais 3 000 000 > 1 200 000 !
De nos jours, les Nations Unies reconnaissent 4 génocides au 20eme siècle :
Le génocide arménien
La shoah, élimination programmée des juifs et des tziganes
Le massacre des Tutsis par les Hutus, ou l'inverse
& Svrebenitza, 2000 bosniaques assassinés par les serbes en 1995.
Rien sur le Cambodge.
Explication : génocide vient du grec ''genos'' qui signifie ''espèce'', et du latin ''uccidere'' qui veut dire ''tuer'' et dont on retient le suffixe ''cide''. Donc, génocide = massacre d'une espèce. Sous entendu : par une autre espèce. Sinon c'est une guerre civile.
NB : les Nations Unies, dans leur grande indifference, ont oublié le Biafra et quelques autres tueries de moindre importance

# Posté le mercredi 22 juillet 2009 07:28

CQFD : Pol Pot, le grand frere

CQFD : Pol Pot, le grand frere
Le Grand Frère Pol Pot
Je suis allé au Cambodge pour la première fois en 1997. Tout m'a surpris, et pour être franc, rien ne m'a plu... Le spectacle de la misère est atroce, insoutenable, insupportable, intolérable et surtout omniprésent... Les enfants qui font la manche, les invalides, les amputés, jeunes et vieux, il n'y a pas d'âge pour sauter sur une mine... La crasse de Phnom Penh, et cette léthargie apparente qui donne l'impression que la ville est restée scotchée au Moyen Age, un Moyen Age triste, lent, sans espoir et gris...
En attendant mon visa pour rentrer en Thaïlande, j'errais sans but dans une ville que je n'aimais pas... Puis j'ai pris l'habitude de chasser les mendiants, avec lassitude mais sans colère, d'observer les enfants qui sont les plus beaux du monde, de m'asseoir près du Mékong et de regarder passer ce fleuve large et paresseux et peut être aussi majestueux, comme tous les fleuves qui sont encore en liberté...
J'ai attendu mon visa trois jours, c'est le temps qu'il faut à un employé d'ambassade pour mettre un tampon sur un passeport. Et au bout de ces trois jours, la ville avait un nouveau visage - ou bien est-ce moi qui la voyais avec de nouveaux yeux ? Curieusement, en revenant de l'ambassade, je décidai de rester une journée de plus, et de revoir ce que j'avais déjà vu, pour essayer de comprendre ce que je n'avais pas compris.
Le soleil pèse des tonnes, et on ne le voit pas à cause de l'humidité et des nuages... Tout colle, on marche en apnée, mouillé de sueur, même le vent est fatigué, aujourd'hui il ne souffle pas, la mousson n'est pas qu'une averse torrentielle, c'est une habitude à prendre, faire le minimum et le faire lentement, et remettre à demain ce qui n'est pas indispensable... La mousson devient une philosophie...
Les enfants se baignent nus en riant, leurs mères font la lessive juste à côté, dans le même fleuve, paresseux près des berges mais rapide si l'on s'en éloigne... Les éclopés tendent la main, il n'y a pas de boulot pour eux, il n'y a de boulot pour personne, ici, chacun pour soi... Je les observe discrètement, eux aussi m'observent... J'essaie de savoir s'ils ont sauté sur une mine qu'ils ont eux-mêmes posée... Ce serait le plus cruel châtiment, et ce serait payer bien cher une erreur passée ! Infirme à vie, trente ans et une seule jambe ! Ils sont tous résignés, ils acceptent leur sort, c'est un début de sagesse, se révolter ne mène a rien...
Le Mékong s'en fout, lui... Témoin d'horreurs pendant des années, il ne dit, rien, il coule, impassible et impénétrable... S'il pouvait parler, que raconterait-il ? Les dizaines de milliers de cadavres qu'il a charriés sont loin, ils ont fini de se décomposer, ils sont peut être revenus dans ces enfants qui jouent et se baignent et ne savent rien de Pol Pot...
Car on ne peut pas rester à Phnom Penh sans s'interroger sur le drame récent qui a bouleversé ce pays - et qui continue de le blesser ! Quand on demande des explications à un vieux qui, souvenir du colonialisme et de l'Indochine, parle français, d'un seul coup, le ton baisse, le vieux regarde partout et le plus souvent élude la question... Il y a encore de la peur dans cette ville ! Comment un Khmer a-t-il pu instaurer un tel régime de terreur qui perdure si longtemps ?
On ne peut pas rester à Phnom penh sans chercher les réponses à ces questions : pourquoi et comment Pol Pot a agi de la sorte ? Qu'a-t-il fait exactement ? Et les autres ? Les exécutants ? Ceux qui avaient les fusils et les dynamos ? Qui l'a suivi, qui lui a obéi, et encore une fois, pourquoi ?
Ce qui suit est la démarche d'un touriste tombé sous le charme d'une ville et d'un peuple, une enquête forcément sommaire, mal documentée, et pleine d'approximations, une enquête qui ne répond à aucune question, une enquête qui a pour conclusion une hypothèse... Que le lecteur m'excuse ce travail inachevé !
Pol Pot, le personnage
Etat civil succinct
« Sa tante, Khun Meak, fut reine du Cambodge : mariée en 1925, elle est la troisième des 10 épouses successives officielles du roi Monivong. Meak était la fille de la soeur du père de Pol Pot (elle devrait donc être sa cousine!)
Une des servantes de Khun Meak donnera naissance à Khun Yeap, autre future reine du Cambodge : jolie et jeune danseuse du ballet royal, elle sera la seconde et dernière épouse du roi Suramarit et la mère du prince Sirivudh, né en 1951. Le roi Norodom Sihanouk, né en 1922, est fils de la première épouse de Suramarit, la reine Kossamak. »
(« Etat présent de la Maison Royale du Cambodge », édition de 1994, page 106)

Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sar, avait donc ses grandes et petites entrées dans un Palais Royal ou lui-même n'était rien. Son oncle, chef du protocole du palais, l'envoya en France en 1949 avec une bourse du gouvernement cambodgien pour faire des études d'électricité. Ce qui peut passer pour un élan de générosité peut aussi être considéré comme une marque de dédain : alors qu'un enfant de la famille royale est généralement Premier ministre ou Chef des armées, postes qui nécessitent très peu de compétences, lui, on l'éloigne... Et pourquoi ? Oh ! Pas pour étudier à Harvard ou Yale, non, pour apprendre l'électricité ! « Tu seras électricien, mon gars, comme le fils de la concierge ! »
Je ne suis pas convaincu que Saloth Sar ait apprécié d'être aussi petit chez les grands...
On a supposé après coup qu'en électricité, il apprit surtout les courts circuits, dont il vulgarisera largement l'utilisation par le biais de la torture... Il en reste d'ailleurs de nombreuses traces dans l'école Tuol Sleng, en plein centre de Phnom Penh, où des carcasses de lits métalliques finissent de rouiller alors que l'on peut encore entendre les cris des femmes torturées, si l'on a l'oreille fine et sensible.
L'homme qui le connaît le mieux, son beau-frère Ieng Sary ajoute même qu'en France il passa son temps à jouer au billard, à gratter la guitare (non électrique...) et à courtiser les cercles marxistes. On courtise ce qu'on peut. Bref, il partit bouddhiste, il revint communiste stalinien et rousseauiste primaire, n'ayant pas du tout compris Rousseau. Nous en reparlerons. Quoi qu'il en soit, dans cette première tranche de vie, il est rarement fait allusion aux parents de Saloth, mais plus fréquemment à sa tantine, à son tonton, aux cousins... Manquant déjà de la tendresse parentale, il n'est pas impossible que chez ce petit être craintif et effacé, se soit développé en lui un début de désaffection envers sa famille pour qui il comptait si peu, envers les grands du royaume qui ne le voyaient pas, et envers l'humanité entière à l'exception des seules personnes qui lui parleront et le laisseront s'exprimer, ses copains marxistes parisiens.
De retour au pays en 1953, sans aucun diplôme, même pas son certificat d'études, on l'autorisa, en tant que membre de la famille royale, à enseigner le français à Phnom Penh de 1956 à 1963. Encore une fois, je ne suis pas certain qu'il ait, de gaieté de c½ur, accepté d'enseigner une langue qu'il connaissait, certes, mais qu'il méprisait : Saloth Sar le timide n'aimait pas trop les étrangers, et pas du tout les Français qui ne lui avaient donné aucun diplôme, et peut-être même aucune maîtresse... Cette même année 1956, il devint cousin du roi Sihanouk en épousant la soeur de l'épouse de Ieng Sary, mais on lui conserva son poste non honorifique de professeur de français !
Parallèlement à son poste d'enseignant, il milita, à Phnom Penh, au sein du Parti révolutionnaire du peuple cambodgien (PRPK), parti clandestin qui prônait une politique internationaliste de lutte commune contre les puissances coloniales, donc la France. Représentant une tendance ultra nationaliste, notre doux Saloth, qui commençait à se faire appeler Pol Pot, s'opposa au fondateur du parti, Tou Samouth, qu'il fit assassiner en 1962 par ses partisans. Le PRPK devint alors le Parti des travailleurs du Kampuchéa et suivit désormais une ligne très nationaliste...
En 1963, Le bon Pol Pot sortit du corps enseignant, et prit le maquis afin d'échapper à la police, le PRPK étant devenu hors la loi. De nombreux réfugiés vietnamiens qui fuyaient les bombardements américains - la guerre du Vietnam ne s'était pas encore étendue au Cambodge - venaient grossir les rangs du maquis; ils s'appelaient eux-mêmes les Khmers libres, mais le roi Sihanouk les baptisa Khmers «rouges» du nom de leur couleur politique.
Pendant ces années de maquis, Pol Pot entendait les bombes américaines qui tombaient sur le Vietnam, pays voisin et ami... Au début, il collabora avec les Vietnamiens, contre les Américains... C'est ce que l'on pourrait appeler la fraternité de ceux qui sont sous les bombes, par opposition à la fraternité de ceux qui les larguent...
Mais la guerre s'éternisait... Kennedy avait tout fait pour l'éviter, mais son successeur Johnson la voulait, pour des raisons inavouables, car politiquement correctes mais humainement incorrectes. Sous sa présidence, de 1963 à 1969, le nombre de GI au Vietnam passa de 3 000 à plus de 400 000 ! La guerre toutefois restait cantonnée au Vietnam. Les Cambodgiens, dont le gentil Pol Pot, en étaient les spectateurs attentifs et compatissants.
Puis, en 1969, exit Johnson, le couple Nixon Kissinger prit le pouvoir, et voulut en finir vite avec ce sale conflit, de plus en plus impopulaire aux USA. Alors, puisque ni les bombardements incessants ni le napalm ne venaient à bout de ces petits hommes verts, couleur de la jungle, qui passaient par le Cambodge pour faire des opérations au sud du 57eme parallèle, eh bien, les B52 qui bombardaient le Vietnam firent eux aussi des incursions au Cambodge, qu'ils bombardèrent allégrement
Pour le monde occidental bien pensant, le génocide cambodgien débuta en 1975 avec le vilain Pol Pot... Mais c'est faux : il débuta en 1969 avec l'assentiment du gouvernement Nixon - Kissinger, qui autorisa le bombardement d'un pays neutre - et quel bombardement ! Un exemple : en 1973, pendant 160 jours consécutifs, 240 000 tonnes de bombes tombèrent sur des villages, des rizières, et des buffles innocents de la folie des hommes... Et accessoirement peut-être quelques guérilleros... Ce tonnage, en cinq mois et 10 jours, représente 50 % de plus que toutes les bombes conventionnelles larguées sur le Japon pendant toute la durée de la seconde guerre mondiale !
Ainsi, L'Amérique, cette grande nation, reproduisit au Cambodge ce qu'elle avait qualifié d'infamie à Pearl Harbor : des bombardements sans préavis, sans crier guerre, et sur un pays qui ne voulait pas de ce conflit ! Ils semèrent la terreur et la mort, ils semèrent des cris, des pleurs, de la douleur chez de pauvres paysans qui ne comprenaient rien...
Les historiens donnent des chiffres, je cite « Ces bombardements américains s'effectuaient sur des zones très peu peuplées, pour ne pas dire inhabitées, et on ne peut leur accorder QUE 17,6 % des tués, loin derrière les tués par armes à feu, 46,3 %, ou les assassinats, 31,7 %.
Le chiffre réel des tués peut difficilement dépasser 240.000 Khmers et 70.000 Vietnamiens du Cambodge, soit 310.000 personnes. » (Marek Sliwinsky)
C'est donc bien sous la présidence de Richard Nixon et de son bras droit, prix Nobel de la paix, Henry Kissinger, que 310 000 Cambodgiens et assimilés sont morts : n'est-ce pas le début d'un génocide ? C'est eux qui ont banalisé la mort de paysans cambodgiens dont personne ne se souciait ! L'histoire a souvent tendance à oublier ces années, de 1969 à 1975, surtout lorsque ce sont des américains – de n'importe quelle origine - qui l'écrivent ! Pol Pot, qui commençait à se faire appeler Frère Numéro Un, n'a fait que continuer le boulot commencé par les bombes américaines ! Peut être même a-t-il pensé que lui, Cambodgien de naissance, avait plus le droit de vie et de mort sur les Cambodgiens survivants que les Américains ?

Le 18 mars 1970, le maréchal Lon Nol renversa Sihanouk . Celui-ci se réfugia à Pékin, où ses hôtes Chinois purent le convaincre que seule une alliance avec Pol Pot lui permettrait de rentrer à Phnom Penh ( Les Chinois à cette époque soutenaient et approvisionnaient les Khmers Rouges). Les Américain quittaient le Vietnam, la victoire communiste sur l'ensemble des États de l'ex-Indochine était imminente. Ainsi, le roi Sihanouk lui-même devait solliciter de Frère No 1 l'autorisation de rentrer au pays ! Quel revirement, et quelle revanche, pour l'apprenti électricien qui traînait dans les couloirs du palais, et à qui les grands disaient d'aller jouer ailleurs ! Il se rendit compte que ce changement était dû à ses idées communistes marxistes léninistes trotskistes nihilistes... Timide, on lui marchait dessus, communiste, on se mit à le respecter ! Cela lui prouvait donc qu'il avait raison ! Il ne pouvait que penser « Allons plus loin ! »
Il faut préciser ici qu'à cette époque et en ces lieux, le communisme avait deux têtes. Les communistes vietnamiens se tournaient vers la grande Russie soviétique, alors au faîte de sa puissance. Frère Numéro 1, qui commençait à se faire appeler Oncle Numéro 1, fut totalement séduit par les idées de Mao Tse Toung. Mao quant à lui, craignant l'encerclement soviétique, fut heureux d'avoir le Cambodge pour allié. La Chine aida donc Pol Pot et l'incita à ne pas pactiser avec le Vietnam... Dès lors, les relations entre ces deux pays se dégradèrent rapidement, et après avoir collaboré plus de dix ans avec le parti communiste vietnamien, Tonton Numéro 1 décida le nettoyage ethnique du Cambodge, en commençant par ses anciens frères d'armes, les Vietnamiens. « Pour éliminer le Vietnam, pas besoin d'armes sophistiquées : il suffit que chaque homme du peuple ancien tue 10 Vietnamiens de ses propres mains », répétait sa radio... Quel programme ! Il faut dire aussi que les Américains lui avaient montré, si besoin était, que l'on pouvait faire mourir des gens sans état d'âme, au nom d'une raison supérieure : la lutte anti communiste pour les Américains, l'épuration ethnique pour Pol Pot. Tonton No1 avait également retenu la leçon du camarade Staline « Un mort, c'est une catastrophe, un million de morts, c'est une statistique » et il se mit à aimer les statistiques ! Il épurait sans plus de cas de conscience que Kasparov bouffant un cavalier chez son ennemi Karpov !
Dès la chute de Phnom Penh, le 17 avril 1975, Pol Pot impose un régime dictatorial et un parti, l'Angkar, « l'Organisation ». Toutes les actions ultérieures seront faites au nom du parti. Tous les crimes seront désormais commis au nom du parti. La République démocratique du Kampuchéa est proclamée en 1976, et Pol Pot se nomme lui-même Premier ministre.
Je ne peux m'empécher de penser que si son oncle, au lieu de l'envoyer en France en 1949, lui avait dit « Tu seras ministre quand tu seras grand », les quatre années noires qui viennent n'auraient pas eu lieu - en tout cas, pas de la même façon... en tout cas, pas si noires...
Le nouveau Premier ministre Frère Tonton Numéro 1 a toujours à c½ur la purification de la race khmère, il faut donc vider les villes de tous leurs habitants car le concept même de la ville est étranger à l'âme khmère. L'Organisation commence aussitôt à déporter la population des villes vers les campagnes. Les Khmers rouges jettent sur les routes les malades des hôpitaux, les écoliers des écoles, et séparent les familles – ce détail est très important. Pour Pol Pot, il est également nécessaire de supprimer, toujours sans état d'âme, comme un joueur d'échecs, tous ceux qui étaient ou auraient pu devenir réactionnaires, c'est à dire tous ceux qui réfléchissaient et qui auraient pu un jour le juger. Cela signifiait la mort pour tous ceux qui avaient été au contact des autres civilisations que la civilisation rizicole khmère, et leurs enfants aussi, sauf s'ils n'avaient eu aucun contact avec leurs parents.
En avril 1977, il ordonne « les trois extirpations » : tous les Vietnamiens du Cambodge, tous les Khmers parlant vietnamien et tous les Khmers ayant des relations ou des intérêts avec les Vietnamiens.
Le 31 décembre 1977, le Cambodge rompt officiellement ses relations avec le Vietnam, à la suite de violents accrochages frontaliers ; les troupes de l'Oncle Numéro 1, qui commence à utiliser le nom de code « 87 », attaquent le Vietnam en juin 1978. Le sang appelle le sang... Le sang enivre les hommes... Alimenté par un ultra nationalisme démesuré, exacerbé par le racisme et la paranoïa, le régime de Frère Pol Pot 87 Numéro 1 multiplie les purges dans ses propres rangs ; des milliers de «traîtres» sont assassinés, accusés d'être à la solde de l'étranger, que ce soit la CIA, le KGB, le régime communiste vietnamien, les colonialistes français ou encore les réactionnaires thaïlandais.
Le 7 janvier 1979, les militaires de Hanoi chassent les Khmers rouges de Phnom Penh.
Celui que les Cambodgiens surnommaient «Le monstre à la face de lune» va désormais vivre dans sa jungle, entouré de ses fidèles amis... Il lui faudra encore une vingtaine d'années avant de mourir, mais il n'a plus de venin... Et comme il n'a pas non plus de conscience, ses nuits sont plutôt calmes et apaisées... Atteint de paludisme, il aura le temps de faire deux petits Pol Pot Juniors avant de passer l'arme à gauche, en 1999.
En quatre ans le pays perdit 2.030.000 habitants dont plus de la moitié résidait dans le grand Phnom Penh. Au moins 720.000 personnes furent exécutées de façon hâtive et sommaire.

Mon hypothèse et ma conclusion se confondent ici... Pol Pot n'ayant jamais été heureux ne connaissait pas l'existence de ce terme... N'aimant pas particulièrement ses proches, qui n'avaient jamais été proches, il se mit à rêver d'une société idéale, comme tous les gamins de 15 ans. Mais le rêve passe généralement vers 18 ans, avec les premières amours et un sens plus concret des réalités.
Il est évident que dans une société idéale, chaque être a sa place, et chacun doit être indispensable. Toute personne n'ayant aucune utilité doit être éliminée, ou écartée... Ainsi, les malades, les improductifs, les vieux, les infirmes, les bébés, les femmes enceintes... Toute personne trop instruite pour cultiver le riz doit être éliminée, ceux qui savent lire, écrire, les porteurs de lunettes, les intellectuels, tous ceux qui ont un passeport, ceux qui, comme lui, ont vu d'autres pays que le Cambodge, et ont donc d'autres références de société idéale, et pourraient vouloir lui voler son idée...
Pol Pot s'est accroché à son projet d'un monde nouveau comme un gamin à son train électrique... Dedans, il a tout mis : ses rêves, sa haine, sa ranc½ur, son ambition, son aspiration, et son intelligence ! Et puisque rien ne se dressait sur sa route, la machine s'est emballée, comme on dit, il est passé en survitesse, et les apprentis sorciers qui l'entouraient s'en sont peut-être rendu compte, mais trop tard !

Ce qui faisait la force de Pol Pot le dictateur, c'est qu'il ne développait pas le culte de la personnalité, il n'était pas un personnage médiatique. Depuis son enfance, du fait qu'il gênait les grandes personnes, il aimait rester dans l'ombre¹ : il avait peur de la lumière ! C'était logique : lui dont personne ne voulait, pas même la guitare, ses petits doigts ne trouvaient pas les accords, lui qui gênait ses parents, son tonton, sa tata, lui que les filles ne voyaient pas, lui à qui ses professeurs donnaient des bulletins de notes à faire rougir un âne gris, lui qui n'eut pour interlocuteurs que d'autres ratés marxistes léninistes communistes, il sut trouver une idéologie politique qui coïncidait avec ses ressentiments les plus secrets, les plus intimes, les plus inavouables, à commencer par la haine de sa famille, qui s'est étendue au mépris de LA famille en général - qu'il a toujours voulu détruire ! Il s'est réfugié derrière des thèses, derrière des mots, derrière des idées, derrière une doctrine... Se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, il réussit à entraîner une pléthore de teigneux, de jaloux, de vindicatifs à sa suite, il leur parla de Jean Jacques
Rousseau ( Puisque l'homme est naturellement bon, et puisque c'est la société qui l'a perverti, abattons la société) et de Charles Darwin ( Laissons agir la sélection naturelle, que tous ceux qui ont un fusil survivent, et que crèvent les faibles désarmés)... Pol Pot rêvait des temps anciens qu'il n'avait pas connu, où, croyait-il, l'homme vivait heureux aux champs, et il avait calculé que pour cultiver le riz au Cambodge, il suffisait d'un million de Cambodgiens... Il lui en restait donc deux millions à supprimer pour construire sa société idéale, dont il aurait été plus que le chef, le géniteur, le fondateur, le gourou, le dieu invisible !
Le cas Pol Pot relève de la psychiatrie plus que de l'histoire.
Mais pour le monde, il reste un monstre qui entraîna derrière lui une armée de fidèles, qui n'osèrent jamais le contredire ni le juger...
L'histoire n'aime pas parler de Pol Pot : elle a honte d'avoir laissé agir un fou sans bouger.
Un génocide peut en cacher un autre...
On peut toutefois affirmer que si le sous-sol cambodgien avait renfermé un peu de pétrole, ou quelques diamants, tout aurait été différent...

La formule de Friedrich Schiller s'applique bien à Pol Pot : "The bigger the crime the smaller the penalty"

¹ Le Second ministre déclarera à la radio en juin 97 : « le Premier Ministre m'a dit qu'il a entendu dire par quelqu'un qui le tenait de quelqu'un d'autre que Pol Pot a été capturé... » En fait, il est devenu tout à fait impossible de séparer le mensonge de la vérité... et les menteurs mentent souvent avec sincérité ! Pol Pot a passé les dernières années de sa vie dans un camp protégé (c'est-à-dire entouré de gardes du corps) en Thaïlande, au vu et au su de tout le monde... Il ne se cachait pas... ou plutôt, il ne se cachait plus ! Celui qui, toute sa vie, usa de noms d'emprunt, et que l'histoire retiendra sous le nom de Pol Pot, était un grand malade mental timide, effacé, craintif, qui s'appelait Saloth Sar...

Quelques notes en vrac
Je conserve précieusement la page 6 du Journal du Dimanche en date du 30 Septembre 1979. Voici ce que l'on peut lire en rubrique Politique :
Colonne de gauche : « A cause de la grève des transports, les Parisiens seront privés de langoustines », et colonne de droite « Il n'y a plus d'enfants au Cambodge »... Les enfants morts et les langoustines des Parisiens sur la même page ! Cela montre, hélas, ce que le monde occidental pensait du drame qui venait de se jouer là-bas... Il n'en avait rien à cirer ! Au Cambodge, pas de pétrole, pas de diamants, pas d'uranium, que des mines - Oh ! Pas des mines d'or ni même de charbon, juste des mines qui sautent, qui estropient, qui infirment, qui arrachent un pied, une jambe ou une main, et qui coûtaient moins de 8 francs en Tchécoslovaquie à l'époque !
Le rôle d'Henry Kissinger dans le génocide cambodgien, au Chili, et à Timor, aurait pu faire de lui un criminel de guerre au même titre que Joachim Von Ribbentrop, ministre des affaires étrangères sous Hitler. Mais Kissinger jouit de l'impunité des vainqueurs. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1973, il est le gourou favori des médias... Il donne des conférences à 20 000 dollars, tandis que Ribbentrop fut pendu en 1946.
On m'a demandé une fois de quoi vivait Pol Pot dans sa jungle... Voici une réponse : The United States gave direct as well as indirect aid to Pol Pot - in one estimate, $85 million in direct support - and it "pressured UN agencies to supply the Khmer Rouge, which rapidly improved the health and capability of Pol Pot's forces after 1979 (Ben Kiernan, "Cambodia's Missed Chance," Indochina Newsletter, Nov.-Dec. 1991).
Comme on voit, la politique américaine a largement influencé les évènements au Cambodge de 1964 - début de la vraie guerre du Vietnam - jusqu'aux années 90. Voici les présidents qui étaient en fonction pendant cette période :
Johnson 1963 1969
Nixon 1969 1974
Ford 1974 1977
Carter 1977 1981
Reagan 1981 1989

# Posté le mardi 06 mai 2008 01:33

les radins : Mipiba

Toute ressemblance avec des personnages ayant existé n'est pas impossible.
La Bruyère (1645 – 1696) ne disait-il pas : « Tout a déjà été dit » ?

Histoire de Marcel au pays du sourire

J'ai rencontré Marcel grâce à un ami qui voulait l'éloigner un peu. Oui, c'est cela... je devrais dire : a cause d'un ami, qui cherchait a s'en défaire.
Au départ, Marcel est un homme charmant, extraverti et drôle. Bon homme, comme on croit généralement que sont les gros. Il aime rire, il aime faire rire, et il excelle dans cet art, mais souvent involontairement.
Son passé est riche d'enseignement : il a été professeur de philosophie pendant quarante ans !
A la retraite depuis quatre mois, il aspire a connaître enfin la vraie vie, les journées de 24 heures, les filles faciles et pas chères, innocentes mais expertes, jeunes mais douées. C'est le programme qu'il s'est fixé en quittant sa douce France.
Mais il n'a pas oublié sa devise : tout est philosophie pour un c½ur philosophe. Il se consacrera au sexe en philosophant.

Marcel, toutefois, est conscient de la médiocrité intellectuelle de la population Pattayenne. Il en souffre. Il aimerait partager Molière, Corneille, Giraudoux et Audiberti avec ses amis. Mais qui se soucie de ces gens au pays de la bière facile et du sexe tarifé ? D'ailleurs, personne ne les connaît, Giraudi et Audibertoux, ils ne viennent jamais, on a déjà du mal à se souvenir de ses meilleurs copains, alors, les étrangers !

Un jour, conscient de ses cent dix kilos et des quarante kilos des filles thaïes, il discutait de la difficulté de perdre ses kilos superflus, une bonne trentaine en tout. Son ami essaya de lui faire une suggestion :
« La nourriture naturelle... » commença-t-il
« Ah non ! Je t'arrête tout de suite ! Naturel, qu'est-ce que ça veut dire ? Hein ? Naturel, ça ne veut rien dire ! Pour Platon, l'homme a chassé le naturel, qui n'est pas revenu au galop... pour Socrate, le naturel est cosmique et le chaos terrestre ! Pour Aristote, seul l'angle droit est naturel, tous les autres sont dénaturés. Pour Schopenhauer, l'atome est naturel, certes, mais déjà la molécule est souillée. Pour Einstein, tout est relatif, l'infiniment grand rejoint l'infiniment petit dans un espace / temps non naturel. Pour Auguste Comte, c'est la nature mammiferique de l'homme qui lui a permis de survivre depuis l'age transcendantal glaciaire secondaire paléolithique néanderthalien. Kama Soutra, un sage hindou, je sais plus ce qu'il disait, mais il avait vachement raison. Pour Alain, le fait même de parler de nature est inutile tant que tu n'as pas fini tes devoirs de vacances. Erostrate clamait : delenda Artémis temple, avant d'y mettre lui-même le feu. Mais cela n'a rien à voir. Merde, ou j'en étais, moi ? Ah oui ! Pour Houellebeck, la nature de l'homme se situe à son extrémité. Bruno Amouroux disait souvent « Connais toi toi-même » et enfin, Kepler, pourtant modéré en tout, hypothesait : dans leur course autour du soleil, les planètes décrivent des surfaces égales en des temps égaux, naturellement. Alors toi, ne viens pas me parler de nature, d'accord ? »
« Oh putain, faut pas le lancer, celui-la ! » pensa son copain...
Et il se tut.

Un autre jour, ce même copain s'étant retrouvé dans sa roue, se dit :
« Boaf, j'ai du temps a perdre... jouons ! »
Et il décréta au sujet d'un appartement vendu trois fois le prix qu'il coûtait après un confortable bénéfice, il décréta donc qu'il était déraisonnable d'acheter une Deux Chevaux pour le prix d'une Roll's sous prétexte que le cendrier était celui d'une Roll's. Il dit :
« Il est évident que... »
« Ah non ! Tu ne vas pas commencer avec tes évidences ! D'abord, l'évidence n'existe pas ! Jung disait avec a –propos que l'évidence est la pierre d'achoppement de la connaissance et que sans elle, l'humanité aurait atteint son age d'or depuis longtemps ! Kant soutenait au contraire que l'évidence fait partie de l'inné et que c'est elle qui relie l'homme a sa racine la plus profonde, son moi subliminal égocentrique reptilien callipyge. Lacan, dont cependant je me méfie, prétendait que l'évidence était la cause de l'effet produit par son propre effet, par opposition à l'effet primaire originel produit par une causalite supérieure en intensité mais de sens contraire. Pascal disait : l'évidence a ses raisons que la raison ignore. Louis de Broglie, prix Nobel, quand même, hein, pas un con, préférait ne rien dire sur le sujet, ce qui prouve par l'absurde que si toi, tu commences a parler d'évidence, tu as tort. Alors, tais-toi ! »

Parenthèse :
Il était... évident ( ! ) après ce discours que Marcel avait lu et appris le premier tome de « Comment devenir professeur de philosophie », un volume de 1600 pages écrit petit comme l'annuaire des PTT sans les publicités, mais pas le second, c'est-à-dire que l'essentiel de la philosophie lui avait échappé : il se croyait sage mais ne l'était pas.
Parenthèse fermée.

« Tu as raison » lui dit son copain qui avait eu ce qu'il voulait, un sermon gratuit... on a les Jésus que l'on mérite, après tout... mais la, vraiment, on était loin des béatitudes !

« Faut que j'y aille » dit encore le copain. « Je dois passer à l'Internet »
« Tu vas à Internet ou ça ? » demanda Marcel
« Pas loin, a cent mètres d'ici »
« Bon, je vais avec toi » dit Marcel.

Arrivés sur place, le copain ouvrit son ordi, et Marcel demanda :
« Merde, comment ça marche ce truc la ? »
« Appuie sur le bouton marche / arrêt » répondit le copain.
« Ou ça, merde, le bouton ? »
« La ! » répondit le copain qui se leva pour appuyer lui-même sur le bouton.
« Merde ! C'est long ce machin ! » grogna marcel
« .............. »
« Et ça ? C'est quoi, ça ? » paniqua Marcel
« Quoi ? »
« Mais ça ! La ! Sur mon écran, il y a un homme a poil ! »
« Enlève-le » conseilla le copain
« Mais comment on enlève ce machin-la ? » s'obstina Marcel
« Clique sur la croix en haut de l'image... »
« Mais ou ça ? Je vois pas la croix, moi ! Elle est ou cette ... de croix ? »
La fille de l'Internet café vint au secours de Marcel, cliqua sur la croix, l'homme disparut, mais le compteur, intraitable, affichait déjà une minute et trente secondes de temps d'utilisation.
« Ah non ! Faut me remettre ce compteur a zéro ! Moi je vais pas payer une minute trente pour un mec sous la douche ! Je veux le compteur a zéro ! » répéta-t-il.
La fille, gentille et surtout patiente, lui dit :
« On ne peut pas, monsieur... c'est comptabilisé »
« Ah non ! Moi je marche pas ! Il est hors de question que je paie une minute trente pour un mec a poil sous la douche ! On me remet pas le compteur a zéro, je m'en vais, moi ! »
« Mais la session a été ouverte, il faut payer le minimum, monsieur, dix bahts »
« Non non non ! Faut pas me prendre pour un con ! Moi je paie pas ! Je m'en vais »
La fille de l'Internet à son tour paniquait :
« Et mes dix bahts ? C'est pas moi la patronne ! Je devrai les payer de ma poche !»
Le copain intervint :
« No problem, je paierai pour lui » dit-il

Une heure après, il retourna au condominium ou il avait laissé son chopper. Il vit Marcel. Celui-ci demanda :
« Alors ? Tu as payé pour moi ? »
« Oui »
« Bon, assieds toi, faut qu'on discute tous les deux. Tu avais raison, ici c'est un pays de fous... je pourrai jamais y vivre. Heureusement que je n'ai pas acheté l'appartement de Jean Rigaulley, j'aurais pas pu y rester... c'est grâce a toi que je ne l'ai pas acheté. Tu avais raison également sur ce point. Note que je l'aurais revendu, l'appartement, j'aurais perdu quoi ? 500 000 bahts ? Je m'en fous, moi, de 500 000 bahts ! Franchement, aujourd'hui, 500 000 bahts, c'est quoi ? C'est rien ! Ah ah ah ! Je m'en fous de les perdre, moi ! Je peux même perdre plus si je veux !»
Et il partit en laissant son copain payer sa bière. Apres tout, c'est pas parcequ'on n'a pas perdu 500 000 bahts qu'on va tomber dans des largesses d'un autre monde... faut pas s'étrangler soi-même non plus, pas vrai ? Le suicide est sévèrement puni au Paradis, parait-il... il est puni de l'enfer !
Conscient qu'il venait de gagner 500 000 bahts (appartement non acheté) plus 10 bahts (Internet payé par le copain) plus 50 bahts (la bière du copain), Marcel s'en fut savourer les délices d'une pipe sous le pont de la Marina, une pipe a 100 bahts, heureux de gagner encore 400 bahts par rapport au prix de la même chose sur le front de mer.

Le lendemain, heureux de sa journée de la veille, Marcel, en grande forme, commença son premier monologue :
« Il avait raison, Aristophane, quand il disait ''l'argent ne fait pas le bonheur mais il vous permet de choisir le genre de pauvreté que vous préférez'' ! Parceque quand McDonald's déclare que la démocratie, c'est tous les hamburgers au même prix, contredit d'ailleurs en cela par Kentucky Fried Chichen... »
- Tu nous emmerdes avec tes discours vides de sens... gardes tes 110 kilos, continue de croire tout savoir, continue de n'écouter que les morts, continue de fuir la vie, d'avoir peur, d'avoir froid, de bouffer tes sucrettes, mais, de grâce, si ce que tu as a dire n'est pas plus beau que le silence, alors, TOI, tais-toi ! »

Aucun de ses élèves n'avait jamais parlé ainsi à Marcel. Il se tut, surpris.

Le copain venait de mettre, en la personne de son représentant, la philosophie échec et mat !

# Posté le mercredi 30 avril 2008 08:30

Modifié le vendredi 02 mai 2008 05:55

CQFD : Jesus, l'homme qui devint Dieu

CQFD : Jesus, l'homme qui devint Dieu
Jésus, l'homme qui devint Dieu...

Quel dommage que ses biographes aient quelque peu altéré son image, que les ecclésiastiques l'aient sciemment déformée, avant que les exégètes ne prennent tous les futurs lecteurs de la Bible pour des naïfs, voire pire, et même plus.
Sans tous ces mauvais apôtres, nous n'aurions nullement besoin d'autres prophètes...
La dernière journée de Jésus est particulièrement hermétique : la cène, la trahison, l'arrestation, et pour finir,
Jésus livré à ses bourreaux...
Les bourreaux ont toujours aimé faire leur office.
Encore une chose que je n'ai jamais comprise.
Moi, la vue d'une goutte de sang me fait tourner de l'½il, surtout si ce n'est pas le mien...
Le bourreau, c'est l'inverse. La souffrance des autres le réjouit. Il aime la douleur, et la provoque autant qu'il peut... s'il allume un bûcher, il s'arrange pour que le bois soit humide... s'il écartèle, du verbe écarteler, il met des chevaux fatigués, car le condamné doit avoir le temps de regretter ses péchés avant de rejoindre Dieu ou le Diable...
Le bourreau se venge de sa médiocrité sur des gens qu'il ne connaît pas, et se réfugie derrière la loi pour pratiquer ce qu'il appelle son art !
A aucun moment il ne se soucie de la qualité de sa victime, coupable ou innocente, jeune ou vieille, laide ou belle, homme ou femme, renégate ou sainte...
Celui qui flagella Jésus alluma-t-il aussi le bûcher de Jeanne d'Arc ?

... Et la douleur ? D'où vient-elle ?
Celui qui créa l'homme créa la douleur, vraisemblablement !
S'il s'agit du diable, il peut être fier et danser la gigue tous les jours en voyant l'humanité se tordre, et gémir et pleurer et grincer des dents...
Si l'homme est l'½uvre du Diable, tout s'explique, hélas...
la jalousie, manifestation de l'égoïsme,
et la mesquinerie,
et la petitesse, et la délation,
et le sadisme, et la méchanceté,
et la fatuité,
et la convoitise,
et l'avarice,
et le Diable, dans sa grande lucidité, ou dans sa trop grande méchanceté, a aussi donné à l'homme la luxure, seul élément agréable de toutes nos tares congénitales...
Aussitôt, on pense « Il n'est donc pas entièrement mauvais ! »
Mais si, mille fois si ! Car il ne pouvait pas ne pas savoir que son rival, Dieu*, transformerait ce sympathique passe-temps en péché mortel, ainsi d'ailleurs que la gourmandise, le deuxième et dernier cadeau empoisonné octroyé par sa majesté Satan !
Et nous, sur terre, en proie à tous ces démons contradictoires, nous en ajoutons, et amplifions ainsi notre propre malheur !
Ce n'est pas pour lutter contre le chômage que l'homme inventa le bourreau et la torture !

Faut-il que le diable ait été malheureux pour créer l'homme à son image !

Et il nous donne un c½ur, en plus... pour mieux nous narguer, et nous faire porter le poids d'une conscience dont il est totalement dépourvu, lui...
Le c½ur, ce muscle sensible, comestible, et goutteux, ne sert pas qu'à pulser le sang vers d' autres organes... il est aussi le centre involontaire de nos sentiments ! C'est lui qui nous fait mal quand on aime trop, ou que l'on n'est plus aimé... dans les deux cas, on aime mal, mais l'erreur n'enlève pas la douleur, elle la provoque et l'accentue !
L'erreur est la cause et l'effet aggravant de la douleur !
L'erreur est un péché causé par le diable ravi, grâce à elle, de capturer d'autres âmes... et l'homme en a fait une circonstance atténuante, excusant par la même sa future bévue, et s'autorisant à en commettre
encore, « excusez-moi, ce n'est pas ma faute, je me suis trompé... »

Que pouvait Jésus contre tant de puissance maléfique ?
Le bien qu'il fit, il le fit bien, et personne n'aurait fait mieux. Si, 2000 ans plus tard, Jésus est toujours la super star, s'il a 2 000 000 000 de fans de par le monde, record absolu, livre Guinness des records, mieux que Michael Jackson et Elvis Presley réunis, contre, de son vivant, seulement une douzaine d'apôtres, dont un traître, s'il est plus célèbre au 20eme siècle que les Beatles, et s'il ne lui a fallu que 33 ans pour réaliser son ½uvre impérissable, c'est bien qu'il avait une carrure extraordinaire !

Ah ! S'il pouvait convaincre Lucifer de se ranger à ses côtés, comme on serait bien sur la terre !
Rêvons mes frères, une planète sans Bush et sans Ben Laden, avec de l'ozone renouvelable et de l'électricité naturelle, et que des fruits bio, et les transports en commun gratuits...
S'il revenait, avec les pouvoirs de Superman et de Spider Man, on serait tous obligés de croire en lui, et on n'aurait même plus besoin du pape...


- Descends de ton nuage, écrivaillon, et rends-toi utile, va te coucher...

* En fait, non, pas Dieu dont l'existence reste a démontrer... mais les suppôts de Dieu, ceux qui s'imaginent au-dessus des autres, et qui font des règles bêtifiantes auxquelles obéiront la majorité des paresseux qui ont besoin de gourous, par opposition à la minorité des paresseux qui ont besoin de liberté...



# Posté le jeudi 24 avril 2008 02:21

Modifié le jeudi 24 avril 2008 03:09

Comediante : Aristote le Grec

Comediante : Aristote le Grec

Aristote le Grec


Loué soit Aristote qui inventa l'école péripatéticienne ! Ce grand philosophe était aussi un grand humaniste, puisqu'il n'oublia jamais la nature mammiférique de l'Homme !

Ah ! « L'école péripatéticienne » !
Quel joli nom ! Que de doux souvenirs, pleins d'odeurs, de goûts et de délices, n'évoque-t-il pas pour le plus grand nombre d'entre nous !

Les lycéens – honte à eux – le confondent souvent avec Archimède, ou Euclide. Grave erreur.

Archimède, c'est le principe (« Tout corps plongé dans un fluide... »,) et le levier. « Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde »* disait-il en souriant... Personne ne lui donna jamais ce fameux point d'appui, et le monde ne fut pas soulevé.

Euclide, c'est le postulat, et la géométrie euclidienne. Hugo disait « Je voudrais l'homme fait par Euclide »** mais en fait d'homme, il pensait surtout à la femme, pour les courbes... Car Hugo aimait les femmes ( Marion de Lorme, Notre Dame de Paris, Hernani...)

Aristote, c'était l'homme du juste milieu. Il jugeait les extrêmes également - et extrêmement – dangereuses. Il disait « Relativement à la crainte et à l'audace, il y a une vertu qui est le courage, et deux vices qui sont la témérité et la lâcheté »***

Le problème avec les grecs d'il y a 22 siècles, c'est qu'ils ont eu tant se savants mathématiciens philosophes touchant à la métaphysique, à la biochimie, et au monde politique, que force nous est d'excuser les lycéens : ils ont raison, on a du mal à s'y retrouver ! Encore heureux qu'il n'y ait pas eu, à l'époque, le marketing, le thermonucléaire, la pétrochimie et le salon de la bande dessinée, car c'en serait définitivement fini de nos pauvres cerveaux !
( Il paraît que l'on n'utilise que 50% de celui-ci ! Personnellement, je ne le crois qu'à moitié...)
Juste pour mémoire, citons quelques autres savants grecs célèbres de la même époque, et ce qu'il convient d'en retenir :
Thalès écrivit un théorème resté fameux ;
Pythagore inventa le triangle rectangle ;
Démosthène : « Les couilles de Démosthène, tonton, tonta, tontaine...», chanson estudiantine gaillarde bien connue du corps médical ;
Aristophane : « Erudit : l'animal, monsieur, qu'Aristophane
Appelle hippocampéléphantocamélos
Dut avoir sur le front tant de chair sur tant d 'os »
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac
Euripide est surtout connu pour son théâtre ;
Homère est pour ainsi dire l'ancêtre de William Shakespeare et le père d'Hélène de Troie ;
Hérodote, ne fut qu'historien, l'équivalent de notre Grégoire de Tours ;
Hipparque, fils de Pisistrate, n'inventa pas l'eau tiède... Il fut tyran, quelqu'un l'assassina, et ce fut justice ;
Pindare, poète, écrivit les Epinicies; pas de quoi fouetter un chat ;
Empédocle, philosophe présocratique et cosmogonique, se jeta dans l'Etna car il ne voulait pas voir la suite ;
Démocrite fonda l'ordre des démocrates ; à vérifier ;
Socrate se tenait toujours debout lorsqu'il marchait, et lorsqu'il marchait, il enseignait ;
Platon était son élève ; ne pas confondre avec Pluton, dieu grec des enfers ;
Xénophon, lui aussi disciple de Socrate, philosophe, écrivain (L'Anabase) et homme politique ; il n'inventa pas la xénophobie !
Hippocrate est surtout célèbre pour son serment;
Epicure fonda l'ordre des épicuriens, qui recherchent la compagnie des péripatéticiennes ;
Onassis, épousa en seconde noce Jackie Kennedy ;
George W. Bush fit la guerre à l'Afghanistan et à l'Irak...

... pour ne citer que les plus connus...



* ça, c'est vrai
** ça, c'est encore vrai
*** ça, c'est toujours vrai ! Bigre !


Notes de l'éditeur

Si l'on remonte à l'origine aristotélicienne du mot, si doux à nos oreilles, de péripatéticienne, celui-ci vient du grec, peripatetikos, qui signifie « se promener »...
Aristote dispensait en effet son enseignement en marchant, ses élèves s'appelaient donc les péripatéticiens ! Par la suite, on appela ainsi, par dérision, les femmes qui se promenaient lentement, en choisissant non pas leurs élèves mais leurs maîtres – c'est à dire leurs clients...

D'autre part, quelques précisions et éclaircissements :
Démosthène, c'est celui qui s'entraînait à parler avec des cailloux dans la bouche, en vue d'améliorer sa diction. S'empoisonna à la fin de sa vie pour mourir plus vite.
Thalès est également connu pour avoir, le premier, prédit une éclipse de soleil !
Homère, c'est l'Iliade et l'Odyssée ! Pas Roméo et Juliette ! Précisons qu'Ulysse se dit, en grec, Odysseus, et en anglais, Odysseus. Pourquoi avoir traduit Odysseus par Ulysse ? Ou bien, pourquoi ne pas avoir traduit l'Odyssée par l'Ulyssée ?
Euclide a dit « Par un point extérieur à une droite, on ne peut mener qu'une perpendiculaire à cette droite ». Il ignorait le Pôle Nord, les méridiens et l'équateur !
Epicure : l'école qu'il fonda, Le Jardin, recherchait la tranquillité de l'âme ; des esprits malveillants orientèrent par la suite cette recherche vers d'autres plaisirs plus corporels... L'épicurisme n'est pas ce que l'on croit le plus souvent !
Anaximandre, vers l'an 525 avant Jésus, inventa le cadran solaire, pour arriver à l'heure aux rendez-vous. Il faudra attendre près de 2 500 ans pour que les Suisses inventent la montre à quartz au centième de seconde.
Démocrite : pour lui, le monde était un jeu d'atomes dans un vide infini. Curieusement, il influença l'épicurisme... A quels atomes les épicuriens s'intéressaient-ils ? Les atomes crochus ?
Socrate fut condamné à boire la ciguë, c'est à dire condamné à se suicider ! Ses dernières paroles furent pour son valet « Criton, nous sommes le débiteur d'Asclépios... Eh bien ! Payez ma dette ! Pensez-y ! »
Hippocrate est le père de la médecine, bien avant Galien.
Onassis n'était pas savant, et c'est presque un contemporain ;
George W. Bush n'était ni savant ni grec, et à l'heure ou nous mettons sous presse, novembre 2003, il convient encore parler de lui au présent, pour rester politiquement correct.

# Posté le mardi 22 avril 2008 07:44